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LANCEMENT MONDIAL DE LA PREMIERE CAMPAGNE DE PREVENTION DES MALADIES DU COEUR CHEZ LES FEMMES

07.03.2008 08:00

LANCEMENT MONDIAL DE LA PREMIERE CAMPAGNE DE PREVENTION DES MALADIES DU COEUR CHEZ LES FEMMES

 

La campagne Go Red for Women s’étend à plus de 30 pays

(Genève, 7 Mars 2008) La Fédération mondiale du cœur a choisi la Journée mondiale de la femme le 8 mars pour lancer le premier programme international de prévention des maladies du cœur chez les femmes dans le contexte de sa campagne Go Red for Women. Les maladies cardiovasculaires (MCV) constituent la première cause de mortalité chez les femmes1 et cette campagne, organisée par diverses fondations et sociétés cardiologiques de plus de 30 pays à travers le monde, est destinée à sensibiliser l’opinion publique et à encourager les responsables politiques, les professionnels de santé et les femmes à agir elles-mêmes. Le 8 mars, la Fédération mondiale du cœur distribuera la documentation correspondante à ses membres dans le monde entier.

Bien que les MCV soient généralement perçues comme des «maladies masculines», elles sont néanmoins responsables du décès d’un nombre presque équivalent de femmes. Sur les 17,5 millions de personnes qui meurent de MCV chaque année, 8,6 millions sont des femmes, soit plus que l’ensemble des décès dus au cancer, à la tuberculose, au VIH/Sida et à la malaria2. Pourtant, la majorité de ces décès pourrait être évitée et la Fédération mondiale du coeur compte utiliser la campagne Go Red for Women pour mettre en place les conditions nécessaires à l'accomplissement de cet objectif, à commencer par une meilleure sensibilisation.

Soutenue par Elizabeth Arden et l’actrice de cinéma Catherine Zeta-Jones, Go Red for Women est une campagne mondiale dont le but est d’encourager les femmes à prendre soin de leur santé cardiaque, à exhorter les responsables politiques à prendre en compte les MCV dans la promotion de la santé des femmes, et à demander aux professionnels du monde médical de soutenir de manière proactive la prévention, le diagnostic et le traitement des maladies cardiovasculaires chez les femmes.  

«Les MCV constituent indiscutablement le problème de santé le plus négligé chez les femmes, tant dans le monde développé que dans les pays émergents», a déclaré le docteur Sania Nishtar, porte-parole du comité d’experts Femmes et Maladies Cardiaques de la Fédération mondiale du coeur. «Le manque de sensibilisation parmi les femmes est particulièrement aigu dans les pays à revenus faibles ou moyens, où les autorités de santé ont mis l’accent presque exclusivement sur la santé maternelle et infantile».

Le peu de données disponibles concernant la prise de conscience révèle des différences inquiétantes d'un pays à l'autre. A Singapour par exemple, seules 8% des femmes disent connaître les risques liés aux MCV3, tandis qu’en Australie cette proportion de la population féminine globale n’est que de 3%4. Même aux Etats-Unis, où la sensibilisation s’est en partie développée grâce au succès de la campagne Go Red for Women, tout juste plus de 20% des femmes en 2006 déclaraient savoir quel était leur risque de santé le plus important5.

Les facteurs contributifs varient. L’obésité touche 56% des femmes âgées de plus de 15 ans en Afrique du Sud (contre 29% des hommes)6 et 46% en Egypte7. Au Chili, presque un tiers des femmes de plus de 15 ans (32%) fument8, tandis qu’en Espagne cette proportion atteint presque un quart (23%)9. En Colombie, 79% des femmes habitant la capitale Bogota n'ont aucune activité physique10, ce chiffre se situant à 70% en Indonésie11. Par ailleurs, l’hypertension affecte un million de femmes (51%) dans la seule province de Jaipur en Inde12.

«La santé cardiaque des femmes est négligée», a ajouté le docteur Nishtar. «Le mythe persistant de leur immunité aux MCV est sans doute en grande partie responsable du manque d’intérêt des professionnels de santé pour les graves conséquences des crises cardiaques et accidents vasculaires cérébraux chez les femmes. La Fédération mondiale du coeur entend faire le maximum pour informer les femmes, les responsables politiques et les médecins. Jusqu’aux années 1980, de nombreux praticiens rejetaient même l’idée que les femmes puissent souffrir de MCV». En outre, l’étude sur les maladies cardiovasculaires chez les femmes financée par l’Agence américaine pour la recherche et la qualité médicale (Agency for Healthcare Research and Quality – AHRQ) a révélé que sur 810 articles scientifiques dédiés aux MCV, seuls 162 ont apporté la preuve que cette pathologie touchait les femmes13.

« Malgré les efforts réalisés ces dernières années pour faire prendre conscience de l’importance des maladies cardiovasculaires chez  les femmes, la tache est loin d’être accomplie. Les maladies du cœur sont encore mal diagnostiqués sur la population féminine », explique le Professeur Silvia Priori représentante de la Société Européenne de Cardiologie. « Nous devons éduquer la jeune génération de médecins généralistes et créer des recommandations spécifiques pour le traitement des maladies cardiovasculaires dans la population féminine. Dans le domaine de la recherche également, nous avons besoin de réaliser plus des essais cliniques sur l’effet des médicaments  dans des secteurs spécifiques de la population, dont les femmes. Les agences régulatrices devraient même prendre en considération les particularités féminines avant d’approuver des nouveaux traitements. »

Les symptômes, la progression et les suites des MCV varient entre les sexes: les femmes sont en effet exposées à un risque plus important de décès ou de handicap en cas d'attaques répétées ou de défaillance cardiaque14. Des études ont également montré qu’il y a moins de chances qu'on leur prescrive de l'aspirine afin de prévenir une seconde attaque, qu'elles reçoivent un modèle sophistiqué de pacemaker ou qu’on leur recommande une intervention chirurgicale destinée à leur sauver potentiellement la vie15.

«L’objectif de la campagne Go Red for Women est de faire en sorte que la première cause de mortalité des femmes devienne une priorité de santé beaucoup plus importante», a déclaré le professeur Shahryar Sheikh, président de la Fédération mondiale du coeur. «Il faut ainsi mettre en place davantage d’actions préventives au niveau des communautés, développer de meilleurs outils au sein des cabinets médicaux pour identifier les maladies cardiovasculaires chez les femmes et leur assurer l’accès aux soins de premier et second recours».

Au niveau des responsables politiques, le but est d'assurer que le soutien d’institutions telles que l’OMS, la Banque Mondiale et la Société Européen de Cardiologie travaillant avec les membres du Parlement Européen Groupe Cœur se perpétue; de mettre l’accent sur les femmes et les MCV au sein des programmes de santé publique; de renforcer la diffusion des messages de prévention; de lever davantage de fonds au profit de campagnes contre les maladies cardiovasculaires en fonction des sexes; et de modifier les objectifs du Millénaire pour le développement afin d’y faire figurer les MCV. «Bien que la finalité première de la Déclaration du Millénaires des Nations Unies soit de réduire de moitié la pauvreté dans le monde à l’horizon de 2015, il est fort peu probable que ceci puisse être accompli sans la mise en œuvre d’efforts concertés de lutte contre une maladie qui tue 8,6 millions de femmes chaque année», a ajouté le professeur Sheikh.

Pour les professionnels de santé, notamment les médecins généralistes, les spécialistes, les infirmières et les sages-femmes, le but est d’assurer l’intégration de modules dédiés aux MCV chez les femmes au niveau des études médicales et de l’internat; d’assurer que les messages de prévention se répandent parmi la population médicale (par exemple les pédiatres, les obstétriciens, les gynécologues, les endocrinologues et les spécialistes en gériatrie); et d’assurer la diffusion de ces messages auprès des patients en général et des femmes en particulier par le biais du suivi médical, des écoles d’infirmières, des associations locales féminines et de tout autre moyen disponible.

«Aucune date n’est davantage appropriée que la Journée mondiale de la femme, reconnue depuis de nombreuses années dans le monde entier, pour attirer l’attention de l’ensemble des parties concernées sur le problème de santé le plus important auquel les femmes sont confrontées au 21e siècle», a conclu le professeur Sheikh. 


A propos de la Fédération mondiale du cœur
La Fédération mondiale du cœur est une organisation non gouvernementale basée à Genève qui se consacre à la prévention et au contrôle des maladies cardiaques et des accidents vasculaires cérébraux, plus particulièrement dans les pays à faibles et moyens revenus. Les 196 membres qui la composent sont des sociétés et des fondations de cardiologie de plus de 100 pays œuvrant dans les régions d’Asie-Pacifique, en Europe, dans l’Est méditerranéen, en Amérique du Nord et du Sud ainsi qu’en Afrique.  Pour de plus amples informations, vous pouvez visiter le site: www.world-heart-federation.org

Contact Presse :
Adriano Konialidis, Cohn & Wolfe public relations
Tél. : +41 22 908 4077
adriano.konialidis(at)cohnwolfe.com

1 OMS : Rapport mondial 2002 sur la santé
2 Basé sur les dernières estimations de l'OMS
3 Enquête 2006 Go Red for Women de la Fondation du coeur de Singapour
4 Rapport 2004 de Pfizer sur la santé en Australie
5 Enquête Harris Interactive 2006 pour l’American Heart Association
6-12 InfoBase mondiale OMS, 1998-2006
13,14 OMS, Agence américaine pour la recherche et la qualité de la santé (AHRQ), Food and Drug Administration (FDA)
15 Ricciotti, H, MD. Heart Disease : Are men and women different? Beth Israel Deaconess Medical Center, Boston, mars 2003